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DESTRUCTION D'UN DES PLUS ANCIENS TEMPLES DU MONDE PAR L'ÉTAT ISLAMIQUE

Bien que l'organisation dite de l'État islamique fasse moins les manchettes depuis quelques temps, la constatation des dommages irréversibles que ses membres ont infligé à de nombreux sites historiques uniques est loin d'être terminée. Cette semaine, les journaux rapportaient la destruction de ce qu'on considère comme l'un des plus anciens temples connu au monde, celui de l'antique cité de Mari.


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Qu'est-ce que l'ancienne cité de Mari?


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Mari (Tell Hariri) est un site archéologique de Syrie situé à environ une dizaine de kilomètres de la frontière irakienne. Découvert en 1933 par des bédouins, les fouilles françaises y ont commencé rapidement sous la direction de l'archéologue André Parrot, qui est celui qui a fait le lien entre les vestiges et ce que nous savions d'une ancienne cité mésopotamienne du 3ème millénaire avant notre ère appelées Mari. Sa situation géographique favorable en Mésopotamie en avait fait l’une des les plus importantes et prospères des IIIe et IIe millénaires av. J.-C.


Les vestiges de la ziggourat
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Les deux sites les plus importants découverts lors des fouilles, outre une quantité appréciable d'objets en bronze, statuettes royales et religieuses et tablettes cunéiformes, sont ceux des vestiges du palais royal et de l'ancien temple principal, qu'on appelait jadis une ziggourat.

L'état des lieux au printemps 2018:


Pillage et destruction à la pelle mécanique du palais en cours de restauration
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Il y a un peu plus d'une semaine, le journal Le Monde rapportait que le temple principal de l'antique Mari, bien entretenu par les archéologues avant la guerre en Syrie et l'occupation par l'État islamique, était dans un piètre état. En diffusant les photos du de la Direction des antiquités et des musées (DGAM) de Syrie, ils ont révélé l'ampleur des destructions. 


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Les autorités rapportent que des tunnels ont été creusés sous des murs vieux de 4 500 ans, que le sol des bâtiments principaux a été éventré, et qu'on a aussi tenté de trouver des antiquités en utilisant des explosifs pour éventrer les anciennes structures. Le toit de protection des 1 800 mètres carrés restaurés du palais a aussi été broyé par les voleurs, toujours à la recherche d’artéfacts rares et anciens à vendre sur le marché noir des antiquités. 

Le site de Mari témoigne encore fois de la fragilité des sites habités les plus anciens de notre histoire et surtout de la difficulté de les protéger en situation de conflit...

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Spécialisée en histoire ancienne, Evelyne Ferron enseigne l’histoire de l’Antiquité à l’Université de Sherbrooke et à l’Université du Québec à Chicoutimi, ainsi que l’histoire générale au Collège Mérici, à Québec. Chroniqueuse-historienne à la radio et intervenante à la télévision sur des sujets historiques très  variés, elle a le nez constamment plongé dans l'actualité  afin de faire des liens entre le passé et aujourd’hui.

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