JEANNE MANCE, CO-FONDATRICE ET PILIER DES DÉBUTS DE MONTRÉAL | Historia

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JEANNE MANCE, CO-FONDATRICE ET PILIER DES DÉBUTS DE MONTRÉAL

Le 17 mai 1642, il y a 375 ans, Pierre Chomedey de Maisonneuve fondait en compagnie d'une femme pieuse et déterminée du nom de Jeanne Mance, la colonie de Ville-Marie. Si nous parlons souvent du rôle important de Maisonneuve pour établir et protéger sa colonie, il ne faut surtout pas négliger le rôle essentiel que joua sa co-fondatrice!


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De la Champagne à la Nouvelle-France:


Château médiéval de Sedan, région Champagne-Ardennes
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Jeanne Mance est née dans la communauté de Langres en Champagne-Ardennes vers 1606. Dans sa jeunesse, la France connaissait une époque de ferveur religieuse importante et même de mysticisme. Les premiers Jésuites voyageaient outre-mer et on s'intéressait fortement à leurs récits de voyage et leurs tentatives d'évangélisation. Les missions évangéliques étaient conséquemment de plus en plus populaires et les premières communautés religieuses féminines que sont les Augustines et les Ursulines arrivèrent en 1639 à Québec pour fonder le premier hôpital de Nouvelle-France et assurer l'éducation.


Portrait de Jean-Jacques Olier
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C'est dans ce contexte qu'un abbé sulpicien du nom de Jean-Jacques Olier et un percepteur d'impôts du nom de Jérôme le Royer de la Dauversière, fondèrent la Société Notre-Dame de Montréal avec pour objectif d'établir une colonie de cohabitation entre les colons français et les Amérindiens. Bien que nous connaissions mal la vie de Jeanne Mance en France, faute d'archives, nous savons qu'elle se mit à chérir le projet de devenir missionnaire en étant elle aussi inspirée par le voyage des premières Augustines et Ursulines vers Québec. Elle fit voeu de chasteté à 20 ans et par le biais de nombreux contacts importants en France, dont Madame de Bullion, elle devint par la suite membre e la Société Notre-Dame de Montréal et put ainsi joindre les premiers colons destinés à la fondation de Ville-Marie, avec pour mission d'y fonder un hôpital. Elle quitta la France en même temps que Paul Chomedey de Maisonneuve, le 9 mai 1641, à l'âge de 34 ans.

 

Co-fondatrice et gestionnaire de Ville-Marie:


Monument de Jeanne Mance à l'Hôtel-Dieu de Montréal
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Avec cette mission, Jeanne Mance était officiellement la co-fondatrice de ce qui fut baptisé Ville-Marie le 17 mai 1642, après que la recrue de colons ait passé l'hiver à Québec. Dans un petit dispensaire, elle soignait les ouvriers responsables de la construction du fort Ville-Marie, de même que les soldats et des Amérindiens.  Le premier Hôtel Dieu de Ville-Marie fut construit en 1645. Femme lettrée, intelligente et économe, elle fut le bras droit de Maisonneuve pour établir et développer la petite colonie. À cette époque, il était très rare qu'une femme célibataire, non issue de la noblesse et laïque ait pu avoir autant de grandes responsabilités! 


Casse-tête iroquois, musée du Quai de Branly
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Mais les premières années de la colonie furent toutefois difficiles en raison d'inondations du fleuve Saint-Laurent dès la première année d'une part, mais aussi et surtout en raison de la constante menace iroquoise. Si la situation, notamment les meurtres de colons, commença à décourager Maisonneuve qui songeait à retourner ses colons en France, Jeanne Mance garda davantage espoir d'améliorer la situation. C'est ainsi qu'elle put le convaincre de retourner en France en 1651 pour aller chercher des dons pour son hôpital et qu'il revint en plus avec de nouveaux colons et des soldats qui allaient aider à défendre le fort de Ville-Marie.


Portrait des archives du  RHSJ
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 En son absence, Jeanne Mance était le pilier de la colonie, veillant aux soins aux malades, mais s'occupant aussi de l'administration générale. Bien que blessée au bras et au poignet après une mauvaise chute, elle alla elle-même en France afin de revenir avec des sœurs hospitalières de la congrégation de la Flèche, qui l'aidèrent dans la gestion de son hôpital. 

Sans des femmes travaillantes et courageuses comme Jeanne Mance et son amie Marguerite Bourgeoys, l'histoire de Montréal aurait pu être très différente. Cet engagement lui a par ailleurs valu d'être reconnue comme vénérable pas l'Église catholique en 2015. Il s'agit de la première étape dans le processus de canonisation... 

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Spécialisée en histoire ancienne, Evelyne Ferron enseigne l’histoire de l’Antiquité à l’Université de Sherbrooke et à l’Université du Québec à Chicoutimi, ainsi que l’histoire générale au Collège Mérici, à Québec. Chroniqueuse-historienne à la radio et intervenante à la télévision sur des sujets historiques très  variés, elle a le nez constamment plongé dans l'actualité  afin de faire des liens entre le passé et aujourd’hui.

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