LA TABLE RONDE : À QUOI SERVAIT-ELLE ?
Dans la série Kaamelott, Arthur prévient tout le monde que la table ronde ne servira pas pour manger, ni pour écrire, mais bien pour discuter du Graal et de nombreuses aventures, avec ou sans vieux !
Or, dans la légende, quelle était son utilité première ? Selon Robert de Boron, la table ronde a été donnée au roi Arthur comme dot, pour son mariage avec Guenièvre. Un buffet à vaisselle aurait-il fait un plus beau cadeau dans un cas comme celui-là ? On ne le saura jamais.
Mais à part ça, de quoi parlait-on autour de cette table ? Du kilt de Calogrenant ? De l’organisation du prochain banquet des chefs de clan ? La réalité est tout autre. La table ronde servait à servir le grand idéal chevaleresque et surtout établir un sentiment d’égalité entre les chevaliers, dissiper leur supposée soif de pouvoir… Ça, c’est la version de Wace.
Elle perpétue une vieille tradition celte qui veut que les guerriers se regroupent autour de leur roi. Et elle est ronde parce qu’elle représente, selon un article de Danielle Quéruel sur le site web de la Bibliothèque nationale de France, la rotondité du monde.
Il y a aussi des valeurs spirituelles véhiculées autour de cette fameuse table. La quête du Graal en est un parfait exemple. Grâce à elle, chaque chevalier membre de la Table ronde peut espérer une place de choix auprès de Dieu tout-puissant.
Chaque chaise est gravée du nom du chevalier. Ce dernier, en sa qualité de combattant, devient pourfendeur d’injustice et d’enchantement (Merlin ????). Il y en a une seule qui ne porte pas d’inscription. Pourquoi ? Pour rappeler à tous ces vaillants le souvenir de Judas Iscariote, le traître. Surnommé le «siège périlleux», il accueillera les fesses du chevalier qui trouvera le Graal et aura un cœur pur. Si ce n’est pas le cas, le chevalier sera alors englouti dans les entrailles terrestres ! Même Perceval a goûté à la terrible médecine de cette terrible chaise. Sans doute qu’il n’aurait pas dû se débarrasser des clous de la sainte Croix et du saint suaire ! Une seule personne a pu d’ailleurs y prendre place : Galahad, le fils de Lancelot.
Et pourquoi donc ? C’est à lire dans un autre article.
Patrice Saucier
Rédacteur, HiSToRiA