ORIGINES D'UNE TABLE RONDE...
Qu'elle est belle, cette vaste table ronde conçue par Breccan et frères! Même si Arthur la voulait en pierre, ce meuble en cuir top qualité sur lequel on ne peut manger ni écrire est un élément clé de la série
Kaamelott.
Imaginez si, comme Léodagan le soulignait, Arthur avait commandé un buffet à vaisselle plutôt qu'une table ronde, la quête du Graal aurait été prise beaucoup moins au sérieux et encore là...
Soyons sérieux : dans la légende arthurienne, la Table ronde est le symbole puissant et rassembleur d'une fraternité de chevaliers autour de laquelle ils s'y réunissent. C'est plus important qu'une chanson à boire, ça!
Le tout premier auteur à mentionner cette table se nomme Wace (ou Guace ou Wistace). C'est un poète normand et, dans le
Roman de Brut, une histoire légendaire de l'Angleterre, invoque cette table autour de laquelle doivent se produire de grandes choses. « C'est pour les nobles seigneurs qui l'entouraient et qui tous se croyaient meilleurs les uns que les autres - et l'on aurait eu bien du mal à désigner le pire - qu'Arthur fit la Table ronde, cette table sur laquelle les Bretons racontent tant de fables », écrit-il.
Probablement commencé en 1150 et achevé vers 1155, ce
Roman de Brut s'inspire de l'
Historia Regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth. Il est dédié à la reine d'Angleterre Aliénor d'Aquitaine et raconte l'histoire de l'ancêtre supposé du roi Henri II Plantagenêt, Brut, qui aurait lui-même eu pour aïeux Brutus, premier roi d'Angleterre et Énée.
Par la suite, d'autres auteurs relevèrent « l'existence » de cette table. Le trouvère et poète français Chrétien de Troyes, par exemple, dans ses romans de la Table ronde, parle d'une trentaine de chevaliers qui se réunissaient autour de la fameuse table.
Layamont, quant à lui, poète anglais qui a traduit le
Roman de Brut, mentionnait que 1600 chevaliers s'y asseyaient autour! On imagine maintenant la circonférence de celle-ci...
Un certain Robert de Boron prétend, de son côté, que la table est une création de Merlin l'enchanteur lui-même, pour rappeler aux chevaliers le souvenir de la Cène et de, tenez-vous bien, celle conçue jadis par Joseph d'Arimathie. Ce dernier, qui a recueilli le sang du Christ au pied de la croix, se serait même installé en Grande-Bretagne. Merci Seigneur Dagonet pour ce petit détail qui vous a échappé en Judée!
Si vous allez à Winchester, vous pourrez contempler la Table ronde. Elle est suspendue dans le grand hall du château. Par contre, aussi bien le dire tout de suite, il s'agit d'une réplique datant de 1552. Commandée par Henri VIII, elle a été faite uniquement pour impressionner l'empereur espagnol Charles Quint. Sans doute que certaines traditions employées pour en mettre plein la vue aux chefs de clan ont été abandonnées... Serait-ce que les Irlandaises sont devenues moins vulgaires?!!
Patrice Saucier
Rédacteur, Historia