The Fur Traders at Montreal (détail), ANCTraite des fourrures et alliances

Motivés par l'attrait des fourrures, les Français s'installent en Amérique du Nord en 1608. Ils fondent un petit poste de traite à Québec, puis se joignent immédiatement à un réseau d'échange amérindien. Ils s'allient aux Montagnais et à leurs partenaires, car les fourrures au nord du fleuve Saint-Laurent sont plus abondantes et de meilleure qualité.

Au 17ème siècle, on appelle pelleteries toutes les fourrures. Les plus recherchées sont la martre, le renard, le raton laveur, la loutre et l'ours. Elles sont surtout utilisées dans la confection d'habits de luxe. Les autres peaux, comme celles de l'orignal, du chevreuil, du phoque ou du cerf, sont quant à elles, utilisées pour la fabrication de harnais, de courroies ou de ceintures.

Au début de la colonie, le terme "pelleteries" ne comprend pas la peau de castor qui reste la plus estimée et la plus précieuse ! Elle est presque entièrement acheminée vers l'industrie de la chapellerie. Il ne faut pas oublier qu'à cette époque, le chapeau de castor est très à la mode en Europe. On l'achète à des prix faramineux et il est donc très profitable pour les Français de traiter avec les Amérindiens.

La traite n'est pourtant pas si simple ! Les Français ne peuvent pas commercer avant de s'être alliés aux peuplades indigènes. Et une fois les alliances créées, il leur faut négocier laThe Fur Traders at Montreal (détail), ANC marchandise. Mais comment négocier quand on ne parle pas la même langue ?

C'est là que le truchement entre en jeu. Il a un rôle clé dans l'alliance française et amérindienne. Ce jeune fraçais est envoyé par les autorités coloniales chez les Amérindiens pour vivre avec eux, apprendre leur langue et les inciter à ramener leurs fourrures aux postes de traite français à chaque printemps. Il habite dans une tribu et est complètement intégré au mode de vie des Indigènes. Il mange, s'habille, se déplace et surtout parle comme eux. Il est un interprète indispensable aux contacts commerciaux. Sans les truchements, le commerce des fourrures en Nouvelle-France est en péril.

Un peu à la manière de la noblesse européenne qui se mariait entre elle, les Amérindiens croient qu'il n'y a pas de véritable alliance sans le mélange des sangs. Il est donc indispensable que la plupart des truchements épousent des jeunes filles de la tribu. Ainsi s'insèrent-ils dans les réseaux familiaux d'une nation, ce qui consolide les liens politiques entre Français et Indigènes.

Les truchements sont au cœur de l'alliance et de la traite des fourrures. Ils se considèrent comme Amérindiens plutôt que Français. Au moment de la prise de Québec par les frères Kirke, les truchements ne retournent pas en France. Ils restent dans la colonie et travaillent pour le compte des Anglais. Ils considèrent le territoire d'Amérique du Nord comme étant leur patrie.

Amérindiens qui troquent avec un coureur

Bibliographie :

  • Delâge, Denys, Le Pays renversé. Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est - 1600-1664, Boréal, Montréal,1991.
  • Jacquin, Philippe, Les Indiens blancs, Français et Indiens en Amérique du Nord (XVIe-XVIIIe siècle), Payot, Paris, 1987.

Sources des illustrations :

  • The Fur Traders at Montreal (détail), George Agnew Reid, Archives nationales du Canada, C-011013 et C-011014
  • Amérindiens qui troquent avec un coureur, Musée Stewart au Fort, île Ste-Hélène.

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