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La
Compagnie de Jésus est fondée en 1540 par Ignace
de Loyola. Elle s'inscrit dans la mouvance de la contre-réforme
catholique et a un caractère très conservateur, pour ne
pas dire intégriste. Elle véhicule des idées eschatologiques
qui sèment la panique parmi les fidèles. On croit que
la fin du monde arrive et on s'inquiète de son salut. Le bruit
court qu'une seule personne en état de péché suffit
à entraîner la foudre divine sur l'ensemble de la communauté.
Pour atteindre le Royaume de Dieu, il faut à tout prix combattre
l'hérésie. Cette croyance
en pousse plusieurs à joindre les rangs de la Compagnie et à
s'engager dans un véritable combat contre le Diable. Dans l'esprit
des Jésuites, ceux qui ne sont pas catholiques sont à coup
sûr possédés par les forces du mal. Il est de leur
devoir de sauver leur âme. On s'efforce de convertir autant les
protestants, les paysans " ignorants ", les peuples " païens
" du Moyen-Orient, les Turcs, les " idolâtres " des
Indes que les " Sauvages " du Canada. La Compagnie
de Jésus envoie ses missionnaires partout à travers le monde
dont quelques-uns en Amérique du Nord. Les Jésuites croient
que ces " Sauvages " étaient là à la Création
du Monde, que ce sont des chrétiens dont parle l'Ancien Testament.
Ces peuples se seraient égarés perdant ainsi la trace de
Dieu. Les missionnairesreconnaissent d'ailleurs dans les mythes autochtones
des allusions au déluge, à la chute du paradis ou aux autres
éléments de la tradition chrétienne. Pour eux, il
n'y a pas de Le fondateur
Ignace de Loyala a conçu la Compagnie de Jésus comme une
armée. Les Jésuites se perçoivent comme des soldats
de Dieu, ils viennent en Nouvelle-France pour combattre le Diable sur
son propre terrain. Mais la guerre est moins facile qu'ils l'avaient cru
au départ. Les Amérindiens écoutent les missionnaires
sans pour autant changer leurs habitudes. Et pourtant, les Jésuites
ne se découragent pas, ils viennent chez les peuples autochtones
toujours plus nombreux avec l'espoir de les convertir. Leur programme
de christianisation repose sur trois méthodes : les séminaires,
les réductions et les missions. Les séminaires
sont destinés aux jeunes Amérindiens. Les Jésuites
sont persuadés qu'en coupant les jeunes de leur famille, ils les
assimileront plus aisément. En 1636, ils ouvrent un séminaire
à Notre-Dame-des-Anges. Mais rares sont les parents qui consentent
à laisser leurs enfants entre les mains des Français. Le
séminaire reçoit donc très peu d'étudiants.
Les Jésuites, qui comptaient sur leurs nouvelles recrues pour convertir
la communauté entière, s'aperçoivent que ces jeunes
n'ont aucune influence dans la tribu. Ils se rendent donc à l'évidence
: le projet est un échec. Les Les réductions consistent alors à sédentariser les peuples nomades pour mieux les contrôler et éventuellement les mener à la civilisation chrétienne. On crée des bourgades et on incite les Amérindiens à venir s'y installer. En 1642, il y a entre 35 et 40 familles établies à la réduction de Sillery fondée en 1637, mais les méthodes de conversion des Jésuites en rebutent plusieurs. Les Autochtones perdent toute liberté. Ils ne peuvent plus chasser comme avant ni pratiquer leur religion sous peine de châtiments corporels. Leur mode de vie est complètement bouleversé, les Amérindiens sont malheureux et la réduction finit par sombrer dans la famine, la misère et le deuil. Encore une fois, c'est un échec. Les missions sont, quant à elles, conçues en réponse aux réductions. Ce sont maintenant les Jésuites qui vont vers les Amérindiens. Ils s'établissent dans les communautés où ils ont leur propre maison longue et leur chapelle. Les missionnaires choisissent d'abord de convertir les Hurons, puisque ce peuple est sédentaire. En 1636, ils construisent un poste permanent au cur de la Huronie, Sainte-Marie. En 1642, la mission compte déjà 200 fidèles. Mais les raids iroquois s'intensifient et anéantissent la Huronie en 1649 et la mission Sainte-Marie.
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