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Figure du missionnaire martyr
Dans l'esprit des Amérindiens, un sorcier est un homme redoutable, en relation avec les forces de l'au-delà. Il fait autant le bien que le mal. Il peut guérir, mais aussi rendre malade en jetant un sort. Si, dans un premier temps, les Indigènes sont séduits par les missionnaires, ils ne tardent pas, dès les premières épidémies, à les pointer du doigt et à les accuser de tous les maux. Les populations amérindiennes sont très sensibles aux maladies des Européens. Une petite vérole, une rougeole ou même une grippe suffit à décimer des villages entiers. Les missionnaires se précipitent au chevet des mourants ; ils espèrent ainsi envoyer le plus d'âmes possibles au paradis. Mais les Amérindiens voient d'un il étrange cet empressement à baptiser les agonisants ; ils croient que cet acte prépare la rentrée dans l'autre monde. Très
vite, on associe la mort aux missionnaires ; leur discours sur l'enfer
en rebute d'ailleurs Les missionnaires
ne sont pas effrayés par de telles menaces, au contraire. Le sang
est presque nécessaire, car il est la semence des Chrétiens.
Les religieux sont donc décidés à rester parmi les
Indigènes. Ils tentent de les convertir coûte que coûte
; ils sont prêts à mourir au nom de la nouvelle Jérusalem.
Leur devoir est de baptiser, puis de conduire les païens au salut
éternel ; rien ne pourra les en empêcher. Au fil du
temps et des épidémies, les nations indigènes deviennent
de plus en plus réfractaires à l'uvre des religieux
et le pire finit par arriver : un missionnaire, le père Noël
Chabanel, est accusé de sorcellerie et assassiné par les
Hurons. Il devient un des Saint Martyrs canadiens. À cette époque, les Iroquois se lancent dans une série de raids contre la Huronie et les jésuites qui s'y trouvent sont faits prisonniers. Il en est ainsi des pères Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Isaac Jogues, Antoine Daniel, Charles Garnier et des données Jean de Lalande et René Goupil qui sont torturés, puis mis à mort. Le père Gabriel Lalemant, par exemple, endure les pires sévices. On lui coupe des doigts, on l'enveloppe dans de l'écorce à laquelle on met le feu, on le baptise à l'eau bouillante. Et pourtant le jésuite est persuadé, tout au long des tortures, que le sacrifice de sa vie sauvera les âmes païennes de l'emprise de Satan.
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